Les Enfants Invisibles
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Algérie : Enfance meurtrie cherche protection

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Claudine
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Age : 55
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MessageSujet: Algérie : Enfance meurtrie cherche protection   Mer 23 Mai - 9:55

Quelque 10 000 enfants maltraités chaque année

Le ministère de la Justice a innové, cette année, en organisant entre le 21 mai et le 18 juin prochain des conférences sur les droits de l’enfance, à travers les 36 cours du pays.

Lors de ces conférences, auxquelles sont conviés des représentants de la société civile, des éducateurs et des parents d’élèves, il est question d’expliquer et de vulgariser l’arsenal juridique portant sur la protection de l’enfance en Algérie, à l’occasion du 1er juin, Journée mondiale de l’enfance, et du 16 juin, Journée de l’enfant africain. Si l’initiative est louable, elle reste incompatible avec la réalité amère de l’enfance en Algérie, confrontée non seulement à la misère, mais aussi à la déperdition scolaire et surtout à la violence. Les statistiques sont effarantes et montrent que cette frange vulnérable n’est pas suffisamment protégée par les textes. Une enquête récente du ministère de la Solidarité sur les maltraitances subies par les enfants a révélé que les violences physiques prédominent largement, suivies de la violence psychologique, associée à la maltraitance sexuelle et à la négligence. L’enquête a montré que les parents sont les premiers auteurs de maltraitance avec 76,82%. Dans cette catégorie, le père occupe la première position avec 40,9% suivi de la mère, 19,5%, puis les deux parents, 17,07%. Les autres membres de la famille se classent en deuxième position avec 17,07%, alors que les enseignants occupent la dernière position. Ces résultats se confirment pour toutes les violences, sauf celles dites sexuelles qui sont le fait des autres membres de la famille avec 55,55% des cas, et des pères avec 44,44%. La famille censée être le berceau de l’amour et de l’affection, peut s’avérer être un lieu de souffrance et de violence, protégé par la loi de l’omerta. Les textes juridiques restent insuffisants, du fait que le code de la famille appréhende encore la maltraitance physique des enfants au nom du respect dû aux parents et de la puissance paternelle. Idem pour le code pénal qui évoque, et donc admet, des violences légères. Pourtant, l’article 27 de la Convention internationale des droits de l’enfant fait obligation à tous les citoyens, notamment les enseignants, de signaler les cas de maltraitance. Malheureusement, cette culture reste exceptionnelle pour ne pas dire inexistante dans notre société faute d’un mouvement associatif offensif sur le terrain des droits de l’enfance. Même la législation reste très insuffisante en la matière puisque les services de l’action sociale, de la police ou de la gendarmerie ainsi que le procureur de la République sont les seuls habilités à recevoir une plainte sur le cas d’un enfant maltraité. Le code de déontologie médicale, quant à lui, fait obligation aux médecins, chirurgiens et dentistes d’informer les autorités en cas de constat d’un cas de maltraitance de mineurs.

Le chaos de la délinquance

Si la violence en milieu intra-familial fait des dégâts, celle de la rue à laquelle l’enfant est confronté, par la force des événements, engendre des conséquences désastreuses sur son équilibre moral et physique et le pousse à basculer dans le chaos de la délinquance. De ce fait, il se livre au pire des cas à la criminalité et dans le meilleur des cas au vagabondage et à la mendicité, en proie à toute forme de violence. Durant les quatre premiers mois de l’année en cours, la Gendarmerie nationale a fait état de 516 mineurs victimes de violences, dont 111 ont subi des coups et blessures volontaires, 115 ont été victimes de violences sexuelles, 12 ont été enlevés, 8 assassinés, 10 violés et 35 tués à la suite d’accidents de la circulation. En 2006, le bilan des mêmes services fait état de 1677 mineurs victimes de violences, parmi lesquels 433 ont subi des coups et blessures (dont 308 avec arme blanche et 3 avec arme à feu), 468 ont subi des violences sexuelles, 132 ont été violés, 137 ont été tués par des chauffards et 119 ont été utilisés par des proxénètes. Une autre enquête de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a montré que chaque année ce sont quelque 10 000 enfants qui souffrent de différentes formes de violence. Celles-ci peuvent être physiques, psychologiques ou passives comme l’exclusion ou la marginalisation. Durant l’année 2006, les services de police ont enregistré 5760 enfants victimes de violences. Parmi ces derniers, 2099 ont subi des violences physiques et 1440 ont été victimes de violences sexuelles. Si les garçons ont tendance à être majoritairement des victimes de violences physiques, les filles sont plutôt plus nombreuses à subir des agressions sexuelles. Durant la même période, 18 enfants ont été assassinés volontairement. Pour les enquêteurs, l’évolution de la criminalité est la conséquence de la décennie du terrorisme. Ils ont surtout déploré la passivité du citoyen qui, selon eux, manque de culture de signalement. Un constat qui mérite d’être, encore une fois, mis en exergue pour pousser les responsables du ministère de la Justice à une refonte du système juridique, afin de venir en aide à une enfance meurtrie qui cherche protection. Il y va de l’avenir de ce pays.

Salima Tlemçani

(source : http://www.elwatan.com/ )
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Claudine
Présidente du Soleil Blanc
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Claudine
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MessageSujet: Re: Algérie : Enfance meurtrie cherche protection   Mer 6 Juin - 18:48

Le taux élevé de déperdition scolaire dans les écoles publiques place les enfants algériens dans une situation sociale précaire. Nombre de ceux qui quittent prématurément l'école connaissent aussi des situations difficiles à la maison et ne sont pas socialisés pour réussir, ce qui entraîne un nombre élevé de mauvais traitements.

En prélude à la Journée Mondiale de l'Enfance, le 1er juin, et en préparation à la Journée Africaine de l'Enfance, le 16 juin, le Ministère algérien de l'Emploi et de la Solidarité a publié un rapport sur la maltraitance des enfants dans le pays. Ce rapport montre qu'au cours des quatre premiers mois de 2007, la police nationale a dénombré 516 cas de violence à l'égard des enfants, dont le décès par accident, les atteintes physiques intentionnelles, la violence sexuelle, le kidnapping, le meurtre et le viol. Toujours selon ce rapport, plus des trois quarts des cas de mauvais traitement sont le fait des parents.

Près d'un demi million d'enfants sortent prématurément du système scolaire chaque année en Algérie, indique ce rapport. Bien que la loi algérienne rende l'enseignement obligatoire, de nombreux parents ne souhaitent pas que leurs enfants fréquentent l'école. De nombreux enfants qui ont quitté l'école et sont maltraités à domicile tombent dans la délinquance juvénile, qui progresse à un rythme alarmant, en milieu rural comme dans les zones urbaines. Selon les chiffres de la police judiciaire, 3 467 cas de délinquance ont été enregistrés entre janvier et avril 2007, impliquant à la fois des garçons et des filles. Selon Kheira Messaoudene, capitaine de police chargé de l'Office National de Protection de l'Enfance, la forme la plus courante de délinquance juvénile concerne les délits de vol, suivis des agressions physiques, de la destruction de biens publics et de la prostitution.

"Les enfants subissent des maltraitances à tous les niveaux, dans une société qui ne respecte pas l'enfance", affirme Abdelhak Mekki, directeur général de la Fondation pour le Développement de la Santé et de la Recherche (FOREM). Ahmad Hattache, juge à Alger, déclare que bien que l'Algérie soit signataire des nombreuses conventions internationales relatives à la protection de l'enfance et qu'elle dispose d'un arsenal de lois destinées à protéger les enfants et à les obliger à fréquenter des établissements scolaires, elles sont rarement appliquées, en particulier lorsque les parents refusent d'inscrire leurs enfants à l'école.

L'Algérie a adopté une approche en plusieurs volets pour traiter du problème de la délinquance juvénile, du niveau élevé de déscolarisation et de la mise en oeuvre inefficace des lois existantes relatives à la protection de l'enfance.

Pour tenter de lutter contre la délinquance juvénile, le gouvernement a décidé que la meilleure solution consistait à réintégrer les jeunes délinquants à l'école. Il a ainsi prévu de mettre en place un centre de recherche et de surveillance de la protection de l'enfance, placé sous la tutelle du Ministère de l'Emploi et de la Solidarité. Le secrétaire général du ministère, Abdellah Bouchenak, a annoncé que "cet observatoire permettra de recueillir des données au niveau des 48 wilayas, notamment, sur la situation de l’enfant dans la rue et de définir les aspects sociologiques, psychologiques et médicaux de la prise en charge". Il permettra "d'améliorer et de renforcer le dispositif de prise en charge de cette frange de la société, et de s’occuper d’elle d’une manière particulière".

Ce centre sera mis en place dans le cadre d'un programme élaboré en partenariat avec le Fonds des Nations-Unies pour l'Enfance (UNICEF), et comportera quatre axes principaux, dont l'un sera de formuler un plan pour l'intégration professionnelle et sociale des adolescents.

Pour tenter de réintégrer les enfants dans le système scolaire, le gouvernement a mis en place une formation professionnelle pour les élèves sortis du système. Seules 200 000 places ont été créées dans le cadre de ce programme, un chiffre bien en-deçà des 450 000 enfants à avoir arrêté leurs études l'an dernier. De plus, la fréquentation n'est pas obligatoire pour la formation professionnelle, ce qui renforce encore la difficulté qu'il y a à intégrer des élèves en grands nombres.

A l'occasion de la Journée Mondiale de l'Enfance et de la Journée Africaine de l'Enfance, le Ministère algérien de la Justice a organisé une série d'ateliers sur les droits des enfants pour les trente-six tribunaux que compte le pays. Ces ateliers, ouverts du 21 mai au 18 juin, incluent différents membres de la société civile, qui viennent partager leurs connaissances et leur expérience de la situation des enfants et sur leurs droits. Cette initiative a été qualifiée d'"encouragante" par le quotidien El Watan, dans son édition du 23 mai, mais "elle reste incompatible avec la dure réalité de l'enfance en Algérie".
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Claudine
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