Claudine Admin

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| Sujet: la santé des enfants en France Dim 20 Mai - 11:14 | |
| La grande oubliée des discours politiques : la santé des enfants en France
A considérer seulement la natalité soutenue, en France et la remarquable offre en matière d’accueil et d’éducation des très jeunes enfants (0-3ans), on serait tenté de croire que notre pays , dont le système de santé est, comme chacun le sait, » le meilleur du monde » a également des enfants en meilleure santé que dans tous les pays qui nous entourent. Or il n’en rien. En ce qui concerne la santé des enfants et des adolescents, la France est mal classée par rapport à ses voisins européens. Tous se passe comme si l’attention des décideurs, la clarté et l’efficacité des dispositifs, la synergie des acteurs s’arrêtaient à la petite enfance. Et encore faudrait-il considérer que, même pour la petite enfance, les conditions de la santé et la qualité des prestations de santé sont gravement menacées, par exemple par la logique administrative qui prévaut aujourd’hui dans beaucoup de conseils généraux et qui prive les services de protection maternelle et infantile de la compétence de professionnels de santé bien formés et disponibles. Au delà, c’est à dire au niveau de la grande enfance et surtout de l’adolescence,tout devient encore plus flou, moins bien structuré , mal coordonné : politiques, systèmes et professionnels. La France ne regarde pas assez à l’état de son enfance et l’enfance de France ne va pas très bien ! Examinons quelques chiffres qui reflètent cette situation. Commençons par les plus cruels d’entre eux : . La pauvreté : selon Eurostat, notre pays comptait, il y a trois ans, deux millions d’enfants pauvres (1). Pauvreté, hélas reproductible, qui touche plus particulièrement les familles nombreuses et monoparentales dont les parents sont sans emploi. Fait notable, dans notre pays, le taux de pauvreté des enfants est supérieur à celui des adultes ! C’est ainsi que dans l’enquête HBSC menée auprès des élèves de 11 à 15 ans dans 41 pays de l’OCDE , 2% des jeunes français interrogés déclarent « aller souvent au lit en ayant faim, car il n’y a pas assez à manger à la maison» . La maltraitance : elle concerne 270 000 enfants pris en charge par le dispositif de protection de l’enfance. 80 000 nouveaux cas sont signalés chaque année et 20 000 enfants seraient, selon les statistiques officielles ,annuellement victimes de mauvais traitements , entraînant la mort de 2 enfants par semaine. Le suicide : avec 40 000 tentatives de suicide par an, dont 800 mortelles en 2002, la France est, avec l’Autriche et la Finlande, en tête des pays européens pour le taux de suicide chez les jeunes ; fait inquiétant, ce taux est en augmentation dans notre pays, alors qu’il baisse partout en Europe. Notre constat serait –il trop pessimiste ? Veut –on d’autres chiffres ? La France se situe en tête des pays européens avec le Royaume Uni et la République Tchèque pour l’usage du cannabis par les jeunes (44,3% des jeunes de 15 ans interrogés dans l’enquête HBSC déclarent en avoir consommé au moins une fois) , au 2 ème rang pour la consommation des médicaments psychotropes, au 3ème rang pour les IVG chez les adolescentes, au second rang après l’Espagne pour les bagarres et les blessures entre jeunes. Certes, la France occupe une position plus honorable pour la consommation du tabac chez les jeunes (23ème rang ) et celle de l’alcool (17eme rang), mais l’impression générale qui ressort des enquêtes est que les enfants et les adolescents de notre pays ne sont pas satisfaits de leur condition ( l’indice de satisfaction général des adolescents en France la place au 20ème rang des pays de l’OCDE ) ni de leur santé : ils se plaignent davantage de troubles somatiques que la moyenne des pays européens : irritabilité (71%), nervosité (63%), mal de ventre (60%), insomnie (57%), mal de dos (40%) , déprime (39%).. Les problèmes psychiques, les troubles du comportement alimentaire, au premier rang desquels l’obésité sont en augmentation constante… Alors, à qui la faute ? A une société dans laquelle les inégalités économiques, les disparités régionales se répercutent au niveau de la santé, en frappant plus durement les personnes les plus fragiles ? Aux parents,( avec lesquels les jeunes estiment pourtant à 88.5% avoir une communication « facile ») ? A l’école, fonctionnant sur des schémas trop uniformes , une école que les élèves n’aiment pas (seulement 12.7% des adolescents de 15 ans disent aimer l’école) et qui n’a pas su ou voulu développer un système de santé scolaire moderne et à la mesure des besoins? Au système de santé et de soins, lequel, malgré le développement des » maisons de l’adolescent » ne sait pas encore quelle place leur accorder, ni ne les reconnaît dans leur spécificité de santé (pas d’examens de santé obligatoires –mais un projet existe dans ce champ pour les adolescents scolarisés-, pas de référentiels communs aux professionnels pour le repérage des signaux de mal être chez l’adolescent) ? A une réflexion insuffisante sur la prévention qui se cantonne le plus souvent à des injonctions de prudence et des normativités bien peu attirantes pour les jeunes alors que des industriels commercialisent impunément des boissons alcoolisées qui leur sont spécialement destinées, pour entraîner leur dépendance, ou « abreuvent » gratuitement leurs réunions amicales? Au système de protection de l’enfance, dans lequel l’insuffisance de communication et de collaboration entre les diverses structures et les différents professionnels (médecins traitants, médecins et infirmières de santé scolaire, travailleurs sociaux, policiers, gendarmes) est patente et à l’origine de nombreux dysfonctionnements, et où les mesures répressives et de contrôle social tendent à remplacer les mesures éducatives de 1945 et 1959 ? Aux autorités publiques , dont la politique de l’enfance et de l’adolescence est dispersée aux quatre coins d’une décentralisation recentralisée, floue, peu lisible, peu coordonnée, et surtout peu volontariste . Le rapport Sommelet qui vient d’être rendu public le 29 mars 07 par le Ministère de la Santé partage ces constats et formule 12 propositions que nous ne pouvons que soutenir. Mais où sont les moyens de cette politique ? Ou à tout cela en même temps, reflétant l’impuissance du politique à capter les évolutions d’une société vieillissante qui ne voit dans son adolescence qu’un risque ou un danger quand ce n’est pas un ordonnateur d’achat ? Aucune université, aucune structure de recherche aucun think tank ne réfléchit à l’enfance de façon globale, structurée, pluridisciplinaire, et surtout hors interpellation urgente. A l’opposé, de multiples chercheurs et instituts se penchent sur tel ou tel problème judiciaire, sanitaire, social de l’enfance en tentant d’y remédier en colmatant les brèches de dispositifs redondants et auto-alimentés. Nous sommes à un moment où les leaders politiques candidats à l’élection présidentielle promettent beaucoup, à de nombreuses catégories professionnelles et de citoyens, et ont des plans et des programmes quasiment pour tout et pour tous.
Les enfants et les adolescents de ce pays n’ont pas encore l’âge de voter, mais ils voudraient aller mieux. Ils auraient bien besoin qu’on s’occupe sérieusement d’eux, qu’on définisse une politique forte à leur endroit qui ne soit pas réactive ou protectrice, qu’on rassemble autour d’une idée neuve : le bénéfice de l’enfant les ressources actuellement éclatées, qu’on crée du nouveau pour eux. En mettant en œuvre une politique de développement pour les enfants, c’est le pays qui en sortirait grandi.
1) Martin Hirsch, Sylvaine Villeneuve : "La pauvreté en héritage : deux millions d’enfants pauvres en France",Robert Laffont. 2) "La santé des élèves de 11 à 15 ans en France/2002" : données françaises de l’enquête internationale "Health Behaviour in School-aged children" ,sous la direction de Emmanuelle Godeau, Hélène Grand, éditions INPES. 3) ENA, département des études. "L’enfance : travaux d’élèves", sous la direction de Claire Brisset, protecteure des enfants. 4) Rapport : "L’enfant et l’adolescent, un enjeu de société, une priorité du système de santé", Pr Danielle Sommelet.
*Pr J.F d'Ivernois, Université Paris 13 ** Dr S. Tessier, Comité régional d’éducation pour la santé d’Ile de France *** Pr J.P. Deschamps, Université Henri Poincaré, Nancy 1
(source : http://www.temoignagechretien.fr/journal/article.php?num=3253&categ=Monde) _________________ Claudine Présidente du Soleil Blanc http://www.premiumorange.com/lesoleilblanc/ |
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