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Abus sexuels, l'ONU encore épinglée

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Claudine
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MessageSujet: Abus sexuels, l'ONU encore épinglée   Dim 22 Juil - 10:28

Les Nations unies ont suspendu un de leurs contingents présents en Côte-d'Ivoire vendredi après que des accusations d'abus sexuels envers des mineures ont été révèlées. L'ONU annonce sur son site internet qu'une enquête interne est en cours. Les allégations sont d'autant plus graves puisqu'elles portent sur des actes répétés et ce alors qu'un nombre conséquent d'antécédents entachent déjà l'organisation.


Les faits dont sont accusés des casques bleus présents sur le sol ivoirien sont particulièrement graves et choquants. Des membres d'un contingent marocain en mission de maintien de la paix en Côte d'Ivoire sont en effet accusé d'abus sexuels répétés envers la population de Bouaké, une ville de 600 000 habitants située dans la zone rebelle dans le nord du pays. Mais plus grave encore, les principales victimes de ces fausses colombes, censées protéger les habitants, seraient des mineures. L'Organisation des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) a aussitôt suspendu ces soldats. Selon l'Onuci, cette suspension s'ajoute à une mesure de confinement dans sa base des 734 hommes mis en cause dans cette affaire. Comble de ce scandale, les militaires onusiens ont été dénoncés après qu'une campagne contre l'exploitation sexuelle a été menée par l'Onuci auprès de la population afin que celle-ci dénonce tout abus.

Les Marocains comptent pour l'essentiel de la force onusienne à Bouaké. Ce contingent, comme le reste des 9000 soldats présents en Côte d'Ivoire, provenant de 40 pays différents, sont déployés dans le pays afin d'assurer le maintien de la paix depuis que le processus mettant fin aux affrontements entre les rebelles du Nord du pays de Guillaume Soro, désormais Premier ministre, et l'armée de Côte d'Ivoire du président Laurent Gbagbo a été relancé en mars. Les forces onusiennes sont d'ailleurs soutenues par l'armée française, présente sur le sol ivoirien pour l'opération Licorne. Tous les casques bleus ont interdiction d'avoir des relations sexuelles avec les populations locales et ceux qui ont été déployés en Côte d'Ivoire ont participé à des séminaires exposant ce code de conduite.

"Ceux qui seront reconnus coupables seront renvoyés chez eux"

Une enquête interne de l'Onuci est en cours, précise le communiqué des Nations unis sur son site internet : "Une enquête complète du Bureau des services de contrôle interne (BSCI) est en cours, mais compte tenu de la gravité des allégations, l'ONU a décidé de suspendre ce contingent et de le cantonner dans sa base". L'ONU précise aussi que les soldats accusés sont désormais exclus de toute intervention. "Cela signifie qu'ils ne participent pas à nos opérations", a déclaré le porte-parole de la mission en Côte d'Ivoire, Hamadoun Touré. L'ONU semble montrer par cette suspension qu'elle prend le problème à bras le corps. "Ceux qui seront reconnus coupables seront renvoyés chez eux", ajoute-t-il. Ce souci de clarté et de fermeté s'explique par la gravité des faits dont sont accusés les soldats de la paix, mais aussi et surtout parce que ce genre de scandale n'est hélas pas le premier auxquels est mêlée l'ONU.

L'ONU pratique la politique de la tolérance zéro en matière d'abus sexuel depuis qu'un nombre conséquent d'affaires ont entaché l'organisation. C'était en tous cas le souhait de l'ancien secrétaire des Nations unies, Kofi Annan. Une première affaire avait éclaté en octobre 2004 en République démocratique du Congo, où des casques bleus tunisiens avaient été révoqués suite à des abus sexuels. En janvier 2007, c'est au Sud-Soudan que des soldats de la paix avaient été accusés d'avoir abusé de fillettes de 12 ans deux ans auparavant. Plus de 300 membres de l'organisation sont d'ailleurs suspectés d'avoir les mains sales et plus de la moitié d'entre eux ont été renvoyés ou rapatriés. D'autres scandales ont eu lieu en Haïti sur des enfants des rues ou encore au Liberia où humanitaires et soldats s'adonnaient à un marché sexuel organisé, touchant notamment des mineurs.

Vers des "sanctions sévères"

En mars 2005, un rapport de l'ONU avait été rédigé par le Prince Al-Hussein de Jordanie à la demande du secrétaire général des nations unies afin de mettre un terme à ces pratiques devenues avec le temps de plus en plus courantes. Le document préconisait des mesures telles la mise en place de cours martiales dans le pays où se situe la mission afin que soit facilité l'accès aux témoins et aux éléments de preuve, en passant par la responsabilité pénale des casques bleus et l'égalité de traitement pour toutes les catégories de personnels onusiennes mises en causes. Le rapport préconisait aussi la mise en place "d'un mécanisme d'enquête permanent composé de spécialistes chargés d'enquêter sur les cas complexes de fautes graves, y compris l'exploitation et les abus sexuels". Par ailleurs, le rapport souhaitait que soient mises en place "des sanctions sévères" contre les envoyés de l'ONU auteurs de semblables faits. Elles prévoyaient que les fautifs soient financièrement responsables et que des tests ADN soient envisagés afin de prouver l'éventuelle paternité des soldats accusés.


(source : http://www.lejdd.fr/ )


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Claudine
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