Claudine Admin

Age : 55 Inscrit le : 17 Mai 2007 Messages : 258
| Sujet: Un procureur réinvente les fondements du droit Jeu 26 Juil - 14:57 | |
| Le crime d’inceste n’existe pas dans le vocabulaire juridique français, si bien que le viol d’enfant impose aux acteurs sociaux, aux juristes, voire au psychologue, des contorsions verbales et conceptuelles qui masquent l’étendue du désastre. Quant aux politiques, ils suivent. Chacun peut alors croire que l’ordre règne...
Le 14 juillet avait lieu à l’Élysée la Garden Party coutumière organisée par les services du Président de la République. Isabelle Aubry présidente de l’Association internationale des victimes de l’Inceste et Aude Fiévet, sa collaboratrice, y avaient été invitées.
Elles s’étaient données comme mission d’obtenir des rendez vous avec le Président de la République et tous les ministres concernés par l’inceste Voici le texte du mail envoyé au adhérents de la mailing list de AIVI :
« COMPTE RENDU AIVI DE LA GARDEN PARTY A L’ELYSEE 14 JUILLET 2007
Nicolas Sarkozy est resté hors d’atteinte.
Roselyne Bachelot a été agrippée par Isabelle Aubry et a répondu que l’inceste ne la concernait pas, Devant la liste des conséquences médicales de l’inceste, Mme Bachelot a changé son fusil d’épaule et assuré qu’elle connaissait très bien tout cela. L’argument du réservoir d’économies à faire en soignant correctement les victimes dès que possible (10 000 à 26 000 € d’économie possibles par victime soignée correctement) a cependant eu l’air de pénétrer. La ministre a finalement dit “Prenez rendez vous”. Affaire à suivre.
François Fillon a été agrippé par Aude Fiévet et a répondu positivement, assurant que nous pouvions compter sur lui pour être écoutées lors d’un rendez-vous. Le rendez vous a été effectivement demandé. À suivre. Mr Estrosi a reconnu Isabelle Aubry mais n’a pas souhaité discuter, prétextant un avion urgent.
Nous n’avons pas essayé de contacter Mme Dati, car nous avions rendez vous avec son Conseiller , Mr François Guéant le mardi 17/07/2007 au ministère de la Justice.
Nous avons discuté avec un Procureur de la République de Perpignan qui était contre l’insertion de l’inceste dans le Code Pénal, prétextant comme habituellement que les textes existants sont suffisants, que la correctionnalisation des affaires est une bonne solution, rapide et moins risquée pour la victime que les Assises (arguments faux que nous avons contredits par des exemples concrets). Plus intéressant, il a chiffré à 60 000 le nombre d’affaires diverses par an dans son ressort, à 3000 celles qui restaient à instruire et juger, après les classements sans suite, médiations pénales, réponses administratives etc. ; expliquant que la correctionnalisation était la seule solution pour les magistrats devant l’engorgement des tribunaux. »
Ce qui est notable, ici, ce ne sont pas les défilades habituelles des ministres assaillis par des plaignants, alors qu’ils avaient mieux à faire dans ce moment : les petits fours, les courbettes mutuelles, etc. – on sait, rien n’est plus inconvenant que d’entendre parler de viol d’enfants au beau milieu de vos festivités par un si beau jour – mais c’est la réponse écœurante de ce Procureur de la République de Perpignan, représentant du peuple devant les cours de justice. L’engorgement des tribunaux serait donc un empêchement majeur pour entendre la plainte des victimes d’inceste, jeunes ou rescapées. Il s’agirait donc d’épargner à nos chers magistrats le stress d’un surcroît de travail et, surtout, d’avoir demander à leur ministère de tutelle les crédits nécessaires à l’exercice de leur fonction.
Rappelons que le viol relève des Assises, mais, d’après notre auguste magistrat représentant du peuple, le viol d’enfant mériterait, lui, à peine la correctionnelle. Pour ne pas fatiguer nos juges ! L’opinion exprimée ici est, hélas, celles de nombreux magistrats.
Curieuse lecture de l’esprit des lois. Ne nous avait-on pas appris que le droit avait pour fin de protéger le faible contre l’oppression du plus fort ?
Le crime d’inceste n’existe pas dans le code pénal français si bien que l’évaluation de la prédation est laissée à la seule appréciation des enquêteurs qui ne disposent pas toujours des outils d’investigation nécessaires et adaptés dans des affaires où des enfants sont victimes, de viol, de maltraitance...
Cette absence de « nommage » a un sens, qu’on le veuille ou non. Si elle révèle un vide grave dans le vocabulaire juridique, elle démontre tout autant un vide dans nos mentalités, un point aveugle.
Ne pas nommer c’est rendre la tâche facile au prédateur qui se trouve être également un pervers, qui sait alors utiliser tous les artifices que lui présentent une culture. Sait-on que de nombreux signalements se terminent par un procès en diffamation intenté par un prévenu très vite disculpé par une justice hâtive ? Certes on peut évoquer comme justification ces quelques cas où un parent perfide accuse l’autre d’attouchement sur les enfants... Cela existe et prouve une chose : l’incapacité de la justice à enquêter de manière rigoureuse... Alors, oui, il y a des ratages !
Nous vivons encore selon les principes d’une mentalité archaïque qui voudrait que le père accorde paix et protection a sa famille. Or, 85% des prédateurs-violeurs d’enfants sont des hommes, les signalements de cas d’inceste ne sont que la pointe émergée d’un gigantesque iceberg. Ne pas voir, refuser de nommer le crime, c’est croire que le père demeure au-dessus des lois, qu’il reste soumis à l’archétype de la « possession par le père » du code romain.
Mais c’est aussi le point aveugle de nos sociétés dites du spectacle, qui sont d’abord prédatrices, fondées sur la domination du plus fort sur le plus faible et sur une formidable volonté hégémonique – ce que je dis, ce que je fais et ce que je pense, valent comme valeurs universelles et je me dois de les imposer aux autres pour leur bien. Cette volonté est érigée en mission sacrée, donc impérieuse.
Sans que nous en ayons pris conscience, nous avons subi une mutation dont les effets pervers s’insinuent lentement dans nos mentalités, si bien qu’il devient presque normal d’évoquer la souffrance d’une enfant violé comme s’il s’agissait de celle du poulet qu’on égorge dans un abattoir. C’est une question d’experts, de super man de la technologie.
Prétendre que l’inceste serait exceptionnel, n’impliquant qu’une fraction marginale des délits, est un artifice facile qui masque l’étendue du désastre. Les « gens de terrain » le savent, eux qui constatent chaque jour combien cela peut concerner n’importe qu’elle famille, n’importe quel enfant, pas seulement ceux qui habitent les bas-fonds de banlieues. Pour ces questions, le juge est en bout de ligne, le travailleur social en première ligne mais il n’a guère la parole, tout au moins celle qui servirait de porte-voix pour faire entendre les plaintes de ces enfants qui vont souffrir leur vie durant. (lisez leurs témoignages, il existe de nombreux sites de victimes ouverts au public)
La banalisation rampante de la transgression du tabou fondamental qu’est l’interdit de l’inceste doit être associée au rejet du féminin et du sentiment dans nos sociétés – tout ce qui dérange un ordre pourvoyeur de sécurité. Tout s’explique, tout se mesure, les mystères les plus profonds ne résistent pas à la sagacité des héros de la technologie. Nous voulons, nous exigeons parfois que la science – en fait la technologie – réponde à toute nos demandes, nous oublions alors qu’il y a des humains derrière ces figures héroïques et qu’ils peuvent aussi se servir de leur image pour entretenir un drôle de commerce avec l’ombre sans visage d’un mal qui devient endémique. Soyons curieux, à l’écoute de ceux qui nous entourent – hommes et femmes – et nous constaterons, effarés que ce mal radical est bien ancré.
Une pétition en ligne contre toute prescription du crime d’inceste À travers cette pétition, il s’agit d’abord de sensibiliser un public plus vaste...
http://petition-antiprescription.net/
(source : AIVI et http://www.betapolitique.fr ) _________________ Claudine Présidente du Soleil Blanc http://www.premiumorange.com/lesoleilblanc/ |
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